de quoi je me mêle?

09 avril 2014

La robe de mon enterrement

J’ai vécu il y a peu une expérience métaphysique étonnante. Il m’a fallu quelques jours. Pour la digérer, la cerner, l’embrasser.

Je ne suis pas sûre aujourd’hui d’en avoir complètement saisi la délicate saveur bien que je m’en délecte encore.

 

J’ai été invitée à mon enterrement.

 

Il y a avait là des amis de toujours, des amis de maintenant, des amis pas vus depuis 20 ans, et des amis vus la veille. Et même des amis jamais vus ! Bien sûr, tout le monde ne s’est pas déplacé pour m’enterrer, hein. Certains n’étaient pas prévenus de ma mort, c’est ballot. Pour la famille par exemple,  je suis immortelle. Ca évite les soucis d'héritage.

Et d’autres avaient des impératifs, des obligations, des responsabilités, des engagements… Ils seront là à mes prochaines funérailles…:-)

 

Comme je n’étais pas prévenue de ma mort imminente, je n’ai pas préparé mon enterrement.

Mais eux, oui.

Alors aux enterrements des gens qu’on aime, on y va de son compliment.

Mes amis, pour l’occasion, ont uni leurs talents. Peu se connaissaient, j’ai eu plusieurs vies, plusieurs cercles.

Ils ont fait connaissance. Comme mes amis ont tous la singularité d’être ouverts et généreux, ils ont partagé autour de mon cercueil dans une parfaite communion.

Et comme les apôtres, ils ont continué après à écrire l'histoire de ma mort, avec des mots qui touchent. Des mots tout simples et surannés, comme "gentillesse".  Comment savent-ils que celui là ne peut que m'émouvoir?...

 

Et pourtant, contrairement à l'autre qui est resté accroché par les clous, moi,  j’étais bien vivante.

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C’est  cool de profiter ainsi de son enterrement.

 

Pour être parfaitement franche, même si je n’étais pas totalement au courant de ma mort, je savais qu’il allait se passer un truc le 5 avril, puisqu’on m’avait vaguement suggéré de réserver la date.

A tout hasard, et aussi parce que je suis maintenant pile à la moitié statistique de ma vie, je me suis quand même cousu une robe pour fêter ça.

Une robe d’enterrement, comme il se doit. Histoire de tenter le diable. 

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(parce que ce blog est aussi un blog de couture: patron gratuit celebrate summer dress, your style rocks, téléchargeable.

Taille 12, mais j'ai raboté de deux cm de chaque côté, modifié un peu les bretelles, et ajouté des pinces devant. Tissu Etoffes des héros (doublure satin de coton noire itou).

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Une robe métaphysique, en quelque sorte. Une robe qui répond, enfin, à la question existentielle d'un devoir de philo de terminale: le temps, en ou hors de nous? Le temps n'existe que quand on le laisse éroder les souvenirs et les sentiments. Pour nous, c'est sûr, le temps peut toujours passer, et repasser, il n'aura rien à enterrer!

 

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18 mars 2014

L'attente

Je l'ai aperçu un beau matin. Ou bien était ce un matin pluvieux et un peu terne qu'il a illuminé?

Je l'ai deviné dans l'ombre. Etait ce vraiment lui? Je lui ai trouvé un indéfinissable charme.
Un petit côté rétro presque chic. Et en même temps un air un peu canaille. Juste ce qu'il faut d'insoumission, de rébellion.
J'ai pensé "il me le faut". Je lui ai tourné autour, je l'ai cherché, j'ai tenté de percer ses secrets cachés. J'ai été un peu déçue. Il n'en a pas. Il s'expose assez peu sur la toile. Va savoir pourquoi. Comment savoir dès lors si c'est vraiment lui?
Résister à la tentation. Être raisonnable. Ne pas multiplier les désirs.
Qu'en ferais je de toute façon? En ai-je vraiment besoin?

Et puis un jour, j'ai su. Je n'ai plus eu ni doutes, ni remords. Envolés, les scrupules, avalés par l'espoir d'une aventure audacieuse et féconde... Ce sera beau, ce sera doux, ce sera différent! Viens donc et nous unirons nos talents dans une plénitude créative et joyeuse... Viens donc et la vie sera belle et simple, je t'attends!

Et c'est là qu'il m'a lâchée. Il a disparu de la circulation. Sans un mot, sans une explication. J'ai tenté de le poursuivre, jusque dans les contrées les plus reculées et lointaines, peuplées d'indigènes aux étranges dialectes. Je lui ai mis le grappin dessus, à son corps défendant. Ça m'a coûté un bras et peut être même mon âme. Je l'ai enfin ... commandé. Il est à moi. Ma chose. Mon objet.

Et depuis je l'attends.

Et pourtant, l'éternité, moi, je sais ce que c'est, hein. C'est long. Surtout vers la fin.

Quand tu commences une course de 10 km, et qu'au 2ème tu n'as plus de jambes, plus de cœur, plus un litre de liquide à l'intérieur de ton corps car tout est sur ton tee shirt.

Quand tu attends 2 mois que les profs corrigent tes copies pour savoir si tu auras ce putain de concours.

Quand on te promet une réponse importante dans la journée.

Tu regardes ta montre magique qui mesure les kilomètres parcourus. Est ce possible de courir en centimètres?

Tu fais exploser ta note de téléphone en connexion Minitel. Les moins de 35 ans ne peuvent pas comprendre.

Tu es pendu à ta boîte mail, ou ton téléphone. Tu mets le push, mais c'est pas possible, ça marche pas ce truc, alors tu synchronises tes messages toutes les secondes et demi. Et ta batterie est vide.
Tu peux guetter les signaux de fumée. C'est le seul moyen de communication qu'il te reste.

C'est dire si je suis forte en éternité.

Je cours à la boite aux lettres. En nage et le cœur battant. (oui, elle est un peu loin...) Déception. Éternité.
Je consulte mes mails et mes historiques pour savoir où il est. Dans un avion Malais, ou bien perdu dans une manifestation à Caracas? Qui sait? Déception. Éternité.

Mon Espoir, mon Désir... Mon cher patron McCalls M6324... Quand me viendras tu?

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22 février 2014

Je papillonne...

Tiens donc, je virevolte et je reviens, dès que le soleil apparait.

Une petite fierté improvisée que je voulais partager. 

Celle où je peux écrire "patron maison".

Le haut, jusque sous les aisselles, c'est le fameux plantain de "deer and doe" en 38. Et le reste, de l'impro; à partir d'un tee shirt cintré de ma garde robe... avec une jupe demie cercle toute bête.

Un jersey milano à la couleur improbable, mais au tombé magnifique (et en solde à 5 euros le mètre...). Au départ, je voulais que le haut soit en dentelle aubergine (ma petite mercerie), mais j'ai surestimé ma perte de poids à ce niveau (ou bien l'elasticité de la dentelle, va savoir). ça a fait crac. Qu'à cela ne tienne, je récupère une tunique de grossesse d'il y 8 ans en jersey bio aubergine, je te la découpe sans frémir (dfaçon elle ne servira plus, elle est périmée -à moins que ça ne soit moi..- et voilà que je peux rentrer tout le matos...

J'ai aussi sorti la brodeuse pour l'occasion: petits papillons en appliqué (avec un stabilisateur épais entre deux couches de tissus pour qu'ils soient bien rigides et juste posés sur la robe...)

 

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09 février 2014

Je n'ai pas vraiment de raisons...

Je n'ai pas vraiment de raisons.

Je ne t'ai pas quitté pour un autre, comme toutes les blogueuses instagrameuses et facebookeuses.J'aime po instagram, je suis d'avantage mots qu'images. Je me méfie de Big brother, ma page Facebook est insignifiante. J'ai même pas osé y partagé le très bel édito de Causette. "mes copines et moi, on adore tuer des enfants"...

Je n'ai pas vraiment de raisons.

Le temps n'a pas vraiment changé. Je lui cours après telle une amoureuse éperdue. Il s'enfuit toujours, comme un vieil ours sauvage qui refuse la dompteuse...

Je n'ai pas vraiment de raisons.

Je n'ai pas moins de vie. Indignations, émois, craintes, désirs et bonheurs sont toujours là. Mais est ce le lieu pour les graver?

Je n'ai pas vraiment de raisons.

J'aime toujours les rencontres. Mais je n'ai plus la patience de les chercher au détour d'un lien, dans la solitude de mon face à face avec l'écran blanc. Elles viennent à moi, au cours d'une soirée, à la sortie de l'école et même dans mon bureau, et je les laisse manger mon temps, je les regarde virevolter.

Je n'ai pas vraiment de raisons.

Je couds, je tricote, je ponce, je peins,, je crochète, je brode. Peut être un peu moins. Je ne pense jamais à prendre une photo. Ni à prévoir la séance de pose dès qu'un rayon de soleil passe la fenêtre.Avant, c'était: aussitôt cousu, aussitôt mitraillé et posté.Maintenant c'est rangé dans le placard. Et porté au boulot. C'est là que je frime...

Par exemple là...
Une robe vue chez Saki, patron Simplicity, en flanelle de "ma petite mercerie". Je l'ai beaucoup modifiée: 5 cm de moins de chaque côté du buste(!), rajouté une ceinture à la taille pour éviter le look 5 mois de grossesse, raccourci la longueur...
Comme je suis frileuse et que j'ai les bras nus, j'ai ajouté le réchauffe cou.
Ce n'est pas la robe la plus sexy. Peut être pas ma couleur fétiche. Je n'ai pas vraiment de raisons, mais cette robe est sans doute ma préférée, celle qui me représente dans les derniers mois qui viennent de s'écouler. Elle est vivante, simple, pas empruntée, facile à vivre. Souriante et un peu nostalgique quand elle prend le temps de se retourner.
Un peu comme une vie sans blog...

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02 septembre 2013

Tiens....

Salut

ça va?

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...

 

Ça t'es déjà arrivé, toi, de ne pas donner de nouvelles à tes vieux amis pendant des siècles, et de ne pas savoir comment refaire le noeud sans casser le fil?...

Moi tout le temps. Je suis fidèle mais inconstante. C'est pas que je n'y pense pas, c'est la phase action qui s'engorge. Ça reste coincé derrière le filtre, un peu comme les playmobils dans la vidange de la machine.

 

En général je sors la valise à excuses.

Je suis tombée dans une faille spatio-temporelle. Y a eu un bel été. T'as remarqué comme l'été parait plus éphémère lorsqu'il est beau? (je fais vibrer ta corde sensible. Demain ça va faire ouille. Il fera encore nuit quand la radio couinera ses nouvelles sinistres).

Je ne voulais pas t'importuner avec mes états d'âme. J'ai passé des vacances pourries dans un endroit exécrable.

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Je ne sais pas si on a toujours les mêmes centres d'intérêt, tu sais.  A t-on encore beaucoup de choses à se dire?

Moi, la couture et le tricot, tu vois, ça allait pour occuper mon temps d'ennui, quand les enfants étaient petits.

Maintenant que je suis grande, tu vois...

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Ma première tunique japonaise, mais pas pour moi... C'est la 03 du livre every day camisoles et petits hauts, en taille 7 sans marges de couture. Tissu de modes et travaux à côté de la gare Saint Lazare, très joli... mais qui pique....

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Pull pour sublimer la chemise en liberty, et éventuellement rechauffer les coeurs: bidouille à partir d'un patron Drops, en équivalent 10-12 ans, en milk cotton de Rowan (un reste...)

Si aucune de ces faux-fuyants ne me permet d'excuser la désaffection, je tente parfois la corruption. 

Si tu veux, je te fais un tuto. Ouais comme ça, gratuit. 

Et là, c'est sûr, tu peux pas m'en vouloir. T'as déjà oublié mon infidélité. 

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01 juillet 2013

On est déjà juillet

On est déjà juillet, canalblog m'a oubliée.

Ou peut être est-ce moi qui l'ai oublié. Va savoir.

Mais je suis là maintenant.

Tu veux que je te raconte un concentré de juin?

Il y a eu des bateaux, plein de bateaux. Des feux d'artifices, des sirènes, des concerts. De la fête dans la ville qui te donne l'envie d'été. Et puis c'était fini, sont restés les déchets, les petites cabanes blanches des chalands, et puis une grande fatigue.

Ensuite, le réveil  te rattrape, le boulot par dessus la tête, les auditions, les concerts, les examens, les contrôles avant le conseil, de classe, pis les évaluations. Juin quoi.

L'une termine avec une moyenne honorable et les encouragements, et surtout un brillant passage en 3e cycle de violon (à voir ici, si vous voulez...), l'autre privilégie la trompette au piano, et c'est chouette, et le troisième quitte la maternelle en sachant lire et compter. Jusque là, tout va bien.

Il y a eu aussi un anniversaire en retard...

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Loufoque de Her little world, en 8 ans pour ma grande nièce; tissus toto et ...? placard....

Surpiqûres parfaites avant la trahison. De celle qui est toujours chez l'exorciste, elle devait être sacrément envoûtée...

J'ai pas fait la 2e chaise, finalement. J'ai des amies qui ont le sens du sacrifice: se priver de la machine toute neuve pour que je couse LA robe. Celle que j'imagine depuis deux ans sans oser. Exactement comme  je voulais...

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Tissu Etoffes des héros et Mondial Tissu pour la doublure, passepoil lurex rouge et fermeture éclair dentelle mamzelle fourmi,

patron Cambie Dress Sewaholic, avec une jupe en demie cercle (la forme du patron ne me plaisait pas, et j'ai vu ça quelque part sur Thread and Needles...) En taille 12, mais vu ce que j'ai raboté, le 10 eut sans doute largement suffit...

On est déjà juillet. Les profs passent des films en corrigeant le brevet, les écoliers font des goûters.

C'est  la longue semaine finale, celle où ils se lèvent tôt, sans autre objectif que de profiter de leurs dernières heures avant le grand rien, puis le grand changement.

Maintenant que je ne suis plus prof, les enfants sont là pour faire revivre cette nostalgie caractéristique du système scolaire français, fait de grands pleins et de grands vides pour te faire apprécier la métaphysique.

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12 juin 2013

Une chaise, un cul, un drame

A ce stade, tu imagines le pire.

L'accident stupide qui expliquerait cette si longue absence. Je pourrais presque te faire croire que je me suis blessée en tombant de la chaise et paf, le poignet, le coude, l'épaule, que sais-je. Toute chose qui empêche l'approche du clavier. J'tefrais dire que je peux te pipoter, c'est mon blog, j'ai le droit de dire "c'est moi qui l'ai inventé", "c'est moi qui l'ai fait", "c'est moi qui l'ai dit", même si j'ai tout pompé sur ma voisine.

Certes, grâce à la NSA tu peux savoir que quelques uns de mes commentaires ont été écrits de l'estranger.

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C'est donc pas que jsuis  tombée de la chaise. Ni que j'ai plus de genoux. Tu es perspicace.

 

C'est pour illustrer la théorie du papillon, tu sais celle où même quand y dit qu'il voit pas le rapport, en fait, y en a un. Parce qu'il y en en a toujours un, c'est comme ça, c'est la vie.

(attention, référence culturelle filée)

Une chaise donc.

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Ou plutôt deux...

Mais il ne m'en fallait qu'une (la 2e c'est bonus, mais monsieur Emmaus ne voulait pas séparer les jumelles), maintenant que notre chambre  a un vrai placard qui ferait presque dressing, il n'était pas imaginable de garder l'immonde tabouret qui accueillait mon séant lors des séances d'instrument. Ainsi je peux continuer la torture des oreilles de mes colocataires, mais pas celle de mon auguste postérieur, ni de mon bon goût légendaire.

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Huile de coude maison pour le ponçage (j'en pleure encore, et ça fait plus d'un mois. Autant te dire que je n'ai pas commencé la 2e), lazure blanche et tissu en lin irisé des coupons St Pierre. C'est ma première, il y a des petits défauts sur le pli...

Un cul.

J'avais un coupon de trois mètres. Pour une petite micro chaise de rien.

Pourquoi pas l'utiliser pour habiller mon cul, j'ai pensé.

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Pantalon en lin, du Tendances couture de l'été 2013. (flou, mais qui tombe comme il faut. Crois moi sur parole)

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Vu comme ça, t'as envie de coudre pour ta grand mère, mais en fait, les patrons sont bien coupés, et en plus les explications sont en français. Ni en Chinois, ni en Burda. Acheté grâce à Saki, je ne regrette pas.

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Il est accompagné par un petit gilet du Burda mars 2013, qui tombe parfaitement et va très bien avec ma chaise. Le tissu est un coupon de tissus Rive gauche, payé une misère (c'est pour faire croire au concept de couture rentable), mais une vraie chiotte à coudre (ça ne se repasse pas...)

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Le drame.

Retiens ton souffle.

Ferme les yeux.

Respire fort.

Transpire des dessous de bras.

Les images qui suivent peuvent heurter les personnes sensibles

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C'est le moment qu'elle a choisi pour dire Stop.

Faut que je l'emmène chez l'Exorciste.

De l'autre côté de la Seine.

En pleine Armada. Autant y aller à la nage. (les rouennais comprendront. On vit un peu à Berlin Ouest, et les communistes sont les touristes. Les choses changent.)

J'ai plus qu'à poncer ma 2e chaise.

Et casser la gueule aux papillons.

 

 

 

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18 mai 2013

Le goût du risque

Je suis devenue une grande aventurière.

Ouais, j'teufrais dire.

Quand j'étais petite, on m'appelait "c'est dangereuuuuuuuuuux", parce que j'n'osais pas passer dans le champ des chèvres. Comme par hasard, c'est moi que le caprin stupide a poursuivi jusqu'au pas de la porte.

Mais depuis, j'ai changé. J'ai compris que la vieille bique ne s'était attaquée à moi que parce qu'elle a senti mon hésitation.

Du coup, je fonce. Témérité, courage, hardiesse, sont les mots qui me caractérisent. Je n'ai peur de rien et ma vie est une aventure permanente. Tiens, par exemple, hier, je suis passée par la mairie plutôt que par les quais, et j'ai gagné au moins 30 secondes.

Et ce matin, j'ai mis mon ticheurte du destin.

Ce ticheurte là, tu vois, est un concentré d'improbable.

Le modèle le plus kitch dans le dernier Ottobre. J'aurai même pas imaginé l'offrir à ma grand mère.

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Un tissu ... comment dire... A haut potentiel look prof de maths cinquantenaire des années 80 (le clan "les robes à fleurs").

Payé pourtant assez cher, puisque commandé chez Shaukat. Liberty jersey/viscose, ouais ouais.

Une toile? Entre perdre 3 heures et perdre mon tissu, j'ai risqué. Mon temps est plus compté que mon stock ou mon portefeuille.

Et ma foi, la vieille bique est restée dans son champ à brouter ses pneus.

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Modèle Ottobre twist knot 2,2013, raccourci de 5 cm, taille 40 (sauf taille rétrécie au 38)

Tissu Liberty Ellie Ruth  Jersey viscose shaukat

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Je lui ai rajouté une écharpe en mousseline de soie express à la surjeteuse rapport à la météo incertaine.

Et je trouve qu'avec un jean et une veste, il remplit sa mission de tee shirt de mi saison quand t'as froid et envie de mettre un jean.

Sans risque.

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Même pas peur d'aller au boulot avec!

 

 

 

 

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30 avril 2013

J'suis snob...

 

 

Je vous ai déjà dit, que j'étais snob?

Tu sais ce que ce que c'est qu'un snob? Je suis sûre que tu confonds avec le bobo. C'est normal. Tu n'es pas assez snob pour faire de l'analyse sociologique à deux balles que tu prendras pour vérité absolue parce que tu l'as écrit sur ton blog.

Le bobo, il brunche (c'est Marine qui le dit), il aime les marques à la mode, chères et fabriquées en Chine en faisant croire que c'est "home made", il regarde les séries et lit les livres que lui recommande son Télérama, parfois il blogue pour éviter des séances coûteuses chez le psy, il mange bio  mais s'enfile un pot de nutella en regardant des conneries à la télé, ou en llsant Elle, parce que c'est trop dûûr d'être un intello tout le temps, carrément, pffff, ouais, faut bien être léger, quoi dans la vie.

Le snob? Il brunche. il aime les marques à la mode, chères et fabriquées en Chine.  Son Télérama de chevet lui permet de savoir de quoi on cause chez les bobos et d'avoir un avis dessus. Il est capable de bouffer le pot de Nutella après sa soupe aux fanes de radis. Devant une émission débile qu'il analysera avec son regard aiguisé de pseudo sociologue à deux balles.

Mais le snob n'est pas un bobo. Le snob n'aime pas les bobos.

Ou plutôt, il n'aime pas être un bobo. il a la prétention du libre arbitre et de l'esprit critique (le snob est forcément un peu prétentieux). Il est à la fois un peu dedans: il apprend la couture et le tricot quand c'est tendance; et un peu dehors: il en profite pour critiquer les marques à la mode et les bons commerçants qui profitent du filon.

Comme je suis bobo, j'ai fait mon meuble à la farrow and ball (petit conditionnement et nuancier parfait, ce qui n'était pas le cas de ma peinture pour bois habituelle), alors que ce n'est plus la mode. Et comme je suis snob, je ne l'ai pas trouvée exceptionnelle, je préfère ma peinture habituelle (the little shop, woodpaint, aussi chère que la F&B parce que je suis snob).

Comme je suis bobo, je regarde des conneries à la télé pour me vider la tête. Mais comme je suis snob, je découvre Jack Bauer 10 ans après tout le monde, et ça empêche un peu d'avancer les travaux de couture. Mais comme je suis snob, j'y traque l'idéologie américaine et les relents fascisants...

Comme je suis bobo, j'ai fait une chemise en liberty pour mon garçon. Oui mais comme je suis snob, je n'ai pas pris  le liberty de tout le monde. J'aime pas le tana lawn, trop fin, trop mou. J'ai choisi de la popeline.

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Chemise distinguée teen Her Little World (patron très chouette et très bien expliqué, j'ai flashé sur le col pas trop grand et les manches raglan), en taiille 10 ans. Liberty Mark en popeline commandé chez Shaukat.

Je l'ai accompagnée d'un pull sans manche bidouillé à partir du modèle Cars de Sandrine et Cie que  j'ai agrandi:

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Laine Fonty tweed recupérée de ce ratage..


Je sais, je sais, il faut des photos portées...

Mais vois tu, mon fils, que je ne pourrais jamais deshériter en prétextant l'avoir trouvé dans un champ comme le chat, adore les vêtements cousus main, mais n'aime pas trop le montrer...

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26 avril 2013

métaphysique du blog

On m'a dit que j'allais disparaitre.

Depuis, comme le crédule à qui la cartomancienne a prédit la faucheuse, je médite. Je t'évite. Et si c'était le dernier message, la dernière rue que je traverse, la dernière photo que j'offre au tout venant, les derniers mots que je t'inflige, ô toi passant inconnu (e)?

Du coup, je les pèse. Je les cherche. Je les laisse se flétrir comme la tulipe en offrande oubliée par un enfant sur le pas de la porte.

A quoi bon, te montrer ce petit meuble chiné, si c'est pour te quitter?

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Il sentait la mamie fraichement enterrée, quand on l'a récupéré. La mélancolie de la disparition des souffrances, la tristesse des souvenirs que l'on solde au plus offrant. "Il y a aussi ce meuble là, à vendre, mais je n'ai pas encore pu"

J'ai ressenti les petites maisons de mes grands parents. Je suis même passée devant, pour voir. La balançoire a disparu, les lavandes aussi. Il y a des jouets d'enfants et sans doute une salle de bain, maintenant...

Je l'ai bichonné. Ce n'était pas celui de mes grands parents, mais ça aurait pu.

(ponçage au décapant/paille de fer, finition papier de verre. C'est pas écolo, mais c'est efficace...)

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Une nouvelle vie, un nouveau souffle. Comme les chats.

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Petit chiffonnier de salle de bain accueillant pyjamas et caleçons de nains

(dégradé de peinture farrow and ball, je suis faible, et vernis satiné).

 

Comme les blogs?

 

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